Donnacona dans Le Devoir

imageIl y a quelque chose de fluide dans l’écriture d’Éric Plamondon, un débit maîtrisé tenant du journal personnel, du récit posé sur papier pour ne pas oublier et qui finit très vite par dévoiler son aspect documentaire et social absorbant le lecteur dans l’universalité de son propos. Donnacona, nouvelle qui nomme ce recueil contenant aussi deux textes déjà publiés ailleurs (Lendemain de pêche et Ristigouche), donne corps à la chose avec ces souvenirs de jeunesse sur les bords de la Jacques-Cartier, quelque part dans les années 1980 et 1990, dans le comté de Portneuf. Bière, mise en danger, papetière, pénitencier, travail d’été, patates frites et éloignement se croisent dans un tout qui laisse le recul éclairer l’innocence et les drames du passé. « On avait quatorze ans et l’avenir brillait dans nos têtes comme le soleil sur les rapides », écrit-il dans ce texte qui, lui, laisse briller une mémoire singulière facilement partagée par d’autres.

— Fabien Deglise, Le Devoir, 11 novembre 2017.
★★★★

Éric Plamondon, Le Quartanier, Montréal, 2017, 130 pages
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Mémoire vive

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Avec Pomme S, sorte d’hommage critique à Steve Jobs et aux possibilités du récit, Éric Plamondon boucle sa trilogie 1984

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C’est le roman de la rédemption et de la «sauvegarde». Celui qui porte en son coeur une découverte importante : ce ne sont pas les faits qui donnent un sens à la vie, mais plutôt le récit qu’on en livre. Descartes s’est trompé. S’il avait consulté Éric Plamondon à temps, il aurait pu dire : «Je raconte, donc je suis.»

Photo: Pedro Ruiz – Le Devoir